⌈Particulièrement prolixe, Charlotte Coquen a développé une troisième proposition artistique particulièrement déroutante dans l’atelier de Keramis. Il s’agit de « La grande bouffe » dont le titre est un hommage à Marco Ferreri. Deux mains gantées plongent dans une bouillie de petits pois. L’artiste est partie d’un croquis de corps dont les mains sont plongées dans une couveuse. Des mains qui nourrissent puis étouffent. Le vert de la purée renvoie à la nourriture, celle pour bébés « saine et bio » (parce qu’on veut toujours le meilleurs pour nos enfants…) tandis que le rose est celui des gants mappa. Nettoyer, désinfecter, le propre du féminin. Au-delà de cette première strate de sens, c’est de jugement moral dont il s’agit. Charlotte Coquen se réfère au conte d’Andersen « La princesse au petit pois » (1835). Que faut-il faire pour être une princesse, une mère, une épouse ou, mieux encore, une femme ?⌋
LR, directeur conservateur du musée Keramis
Extrait du catalogue de l’exposition monographique ; Tout à l’horizontal – édition Keramis
Grès blanc émaillé et inox,
60xh130x55cm,
2018
Réalisé avec le soutien de Keramis