l’installation se compose de fragments de corps en céramique réalisés à l’échelle réelle : principalement des jambes de femmes au bain, mais aussi des dos, bustes et des mains. Certaines jambes plongent dans l’eau, d’autres semblent simplement reposer au bord, dans une posture suspendue entre repos et attente. Ces fragments évoquent une scène de baignade ou de contemplation maritime sans jamais constituer une image complète.
Sur ces surfaces corporelles viennent se déposer de petites formes en céramique représentant des mains recroquevillées. Elles se fixent sur les fragments de corps comme des coquillages sur les rochers. Cette prolifération produit un glissement progressif entre le corps et le paysage : les membres deviennent à leur tour des reliefs, presque des fragments de rivage.
À travers cette installation se dessine une réflexion sur la contemplation. Contemplation du paysage maritime, mais aussi contemplation des femmes au bain — motif profondément inscrit dans l’histoire de la peinture occidentale. Ici pourtant, l’image se fragmente : il n’y a plus de scène centrale ni de corps entier, seulement des fragments qui apparaissent comme les vestiges d’un regard. L’installation interroge ainsi la relation entre regard, désir et projection imaginaire : contempler quelque chose qui nous échappe, dont la signification demeure partiellement inaccessible.
Installation - céramique et matériaux de récupération,
dimensions variables,
2023-2024