⌈La surface striée des œuvres porte la trace des doigts de l’artiste comme un corps peut rester marqué par une caresse trop appuyée. Ce même traitement se retrouvait déjà dans la série de bustes (2015, sans titre) où il renvoyait à une chevelure couvrante, envahissante, handicapante, pointant du doigt une certaine aliénation par le féminin. Sur l’une des pièces de cette série, Charlotte Coquen a laissé couler un émail jaune et du latex sali de la même couleur. Une manière de marquer un événement politique mondial : l’investiture du 45e président des États-Unis. Cette pièce aberrante comme son sujet, qu’un geste simple et spontané rend réaliste, ne se voulait pas transgressive bien qu’initialement le jaune renvoie autant à la mèche qu’à l’urine. Un fluide répandu ici pour faire fondre la neige et rendre la matière aussi incertaine qu’est légitime le pouvoir présidentiel.⌋
LR, directeur conservateur du musée Keramis
Extrait du catalogue de l’exposition monographique ; Tout à l’horizontal – édition Keramis
Grès blanc émaillée, latex teinté, marbre et faux marbre,
150x40x40cm,
2017